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les rapports réalité/fiction dans l’image actuelle
aux croisements de la photographie, de la vidéo et du cinéma
Objet de la recherche
Le programme de recherche a une double vocation :
- mener une réflexion sur les occurrences des rapports réalité/fiction dans le champ de l’art contemporain, en particulier celui de l’image (photographie, vidéo, cinéma) appréhendé sous ses
aspects les plus contemporains (à travers œuvres et écrits théoriques). Il s’agit d’observer les enjeux actuels de ces rapports à travers les pratiques spécifiques des artistes et cinéastes qui
les mettent en œuvre.
- développer des projets plastiques permettant d’observer les orientations spécifiques de chacun des membres de la plate-forme de recherche à l’égard de ce territoire.
. La plate-forme est constituée de 5 membres : Philippe Oudard et Christiane Cavallin-Carlut, directeurs de recherche à l’ESBANM, de Sandy Amerio, Benoit Broisat et Hirohisa Koike,
artistes-chercheurs de ce programme. Les membres peuvent être actuellement localisés à Paris, Châteauneuf sur Cher, Berlin, Kyoto et Nantes.
Etat des lieux 2010/2011
L’année passée a été largement dédiée à un échange franco-japonais avec les universités de Musashino (Tokyo) et Geidaï (Yokohama), qui a permis d’initier le fonctionnement du groupe. Le
groupe de recherche, accompagné de 4 étudiants (Romain Baro, Sofia Burke, Guillaume Mazauric et Jérémie Woillard) et de deux jeunes artistes invités, Samuel Dermigny et Guillaume
Fouchaux), a investi pendant 3 semaines le Tokyo Wonder Site pour préparer une exposition collective avec les étudiants japonais des deux universités. Une soirée franco-japonaise a également
été organisée par Musashino University au SuperDeLuxe à Tokyo, et une sélection de vidéo a été présentée au Yokohama Film Festival. Lors de la venue des enseignants et étudiants japonais à
Nantes, une double exposition a été présentée à la galerie de l’ESBANM et au Lieu Unique.
Cette année a ainsi été plutôt consacrée à la production, ce qui a permis de mettre le projet sur les rails et de définir les territoires particuliers des membres du groupe. En
contrepoint, l’année 2010/2011 sera davantage consacrée au développement des questions théoriques dans leurs articulations aux productions plastiques qui sont poursuivies.
Cette année franco-japonaise a également permis de recruter Hirohisa Koike, doctorant à l’université Musashino, qui vient donc rejoindre, en ce début d’année, le groupe de recherche.
Hirohisa Koike est lauréat d‘une bourse internationale d’étude et recherche supérieure de la région des Pays de Loire et de l’ambassade de France à Tokyo.
En 2010, l’artiste Aurélien Froment et le théoricien du cinéma François Niney ont été invités par le groupe de recherche pour des présentations de leurs travaux et réflexions, suivies de
débats.
Méthodologie de la recherche 2010/2011
Chacun des
membres définit son territoire particulier de recherche plastique et/ou théorique, dans la perspective d’une confrontation des points de vue, d’un élargissement final des perspectives
singulières :
Sandy Amerio, refusant d’invoquer les termes galvaudés de "réel" et de "fiction", inaugure son procédé de création Restage Replay Reload, pour une recherche
science-fictionnelle plastique et littéraire mettant en scène Hiroki Nakazato, célèbre reenactor(1) japonais de la Seconde Guerre Mondiale.
Benoît Broisat envisage ses projets comme autant d’expériences révélant, déconstruisant, ou modifiant les modalités de notre appréhension du réel. Traversant le décor du «
théâtre des opérations », il actionne les engrenages de sa machinerie, pour révéler comment, en coulisse, joue une infrastructure fictionnelle.
Christiane Cavallin Carlut : Le figurant et le témoin comme figures de passage entre réel, réalité et fiction, à travers la fictionnalisation (et parfois la
désubjectivation) qu’ils accomplissent d’eux-mêmes pour entrer dans un récit, le leur propre ou celui d’un d’autre. Les rapports qu’ils entretiennent à la construction de la
crédibilité du récit constitueront l’arrière plan du projet.
Hirohisa Koike considère que la photographie constitue sa réalité propre et arrive toujours en retard. Il essaie
d'approcher à l'intimité de l'amour et à l'excès de l'existence à travers les photographies de sa chérie, afin de percevoir le monde de la fiction par l'excès du réel.
Philippe Oudard : Lorsqu’elle évoque pour la première fois la désagrégation de l’urbs et le commencement de l’ère de la «
non-ville », Françoise Choay limite son analyse aux villes occidentales. Dubaï semble être aujourd’hui la mieux désignée pour illustrer ce nouveau concept de « posturbanité. Fait sans
précédent : depuis 2008 la population mondiale urbaine a dépassé la population "rurale” . Pourtant le développement ininterrompu de la ville semble la faire disparaître. Nous avons l‘impression
d‘avoir perdu la ville alors qu‘il n’y a plus qu’elle. Les Archipels Mégapolitains Mondiaux induisent une nouvelle urbanité transterritoriale, De nouveaux concepts apparaissent : celui de la
Ville Monde, de Ville Globale. Il semblerait que ces nouvelles notions déplacent ou redéfinissent les rapports réel/fiction, tout particulièrement dans le domaine de l’image urbaine. Parfois
les fictions y inventent et fabriquent du réel, mais tout autant le réel s’efforce de plagier, de simuler ou d’inspirer des fictions.
La mise en spectacle de la mégalopole, le passage au "tout fictionnel" diluent la distinction réel/fiction dans le monde entier. Les villes-spectacle fictionnalisent de plus en plus les
identités ou bien les frontières territoriales et formelles de la mégapole tout comme elles incitent à de nouveaux comportements et usages. Qu’en est-il de la photographie qui a souvent
accompagné la construction de la ville moderne au point d'y participer activement ? Présentement, est-elle apte à figurer ces mutations, ces fictionalisations ou bien ces
anticipations?
Le programme de recherche se développe sur plusieurs années, avec des présentations par étapes des productions et des réflexions (le blog est un outil d’actualisation permanente). Afin de
rendre visibles les recherches menées par ses membres, le groupe de recherche envisage l’organisation d’une exposition finale, accompagnée d’une édition des propositions théoriques et
plastiques.
Le groupe se réunit physiquement une fois par mois minimum, et entretient des discussions collectives et interindividuelles par mail ou par Skype. Certains territoires présentant parfois
des espaces communs à plusieurs membres, ces espaces particuliers sont explorés à plusieurs voix.
La pratique de l’entretien se généralise cette année, et permettra de croiser les réflexions des membres du groupe avec celles d’artistes, de théoriciens, sous forme d’interviews
enregistrées (son ou vidéo), qui seront intégrées dans la publication finale.
Le groupe de recherche pilote un groupe d’étudiants en M1 et M2 à l’ESBANM, dont les pratiques plastiques rejoignent la problématique commune. Les productions et réflexions qui
s’ensuivront sont articulées dans des séminaires hebdomadaires et des suivis de projets. Seront préliminairement posés un corpus d'œuvres et des possibilités de lectures théoriques, qui
s'élargiront au fur et à mesure de la réflexion. Analyses de textes, conférences de théoriciens invités s’articuleront avec analyses des œuvres et des propos des artistes
intervenants.
Les productions plastiques des artistes-chercheurs et des étudiants se développeront au fur et à mesure de la progression de la réflexion collective, qui engendrera elle-même une production de
notes et de textes liés au mécanisme collectif de travail et à la captation des conférences des théoriciens ou des artistes invités. Un important travail d’archivage sera donc réalisé. La
pratique plastique et la réflexion théorique s'interpénètrent et s'influencent réciproquement au sein de la recherche en école d'art, et c'est là ce qui constitue sa spécificité. Les hypothèses
de travail se déduiront donc progressivement et collectivement de la recherche, dans la voie du travail collectif et des débats qui vont l’animer.
20011/2012 : organisation d’un colloque
A partir des articulations réflexions/productions générées par le groupe de recherche, sur la base des entretiens individuels et débats collectifs, sera organisé, en 2012, un colloque qui
permettra de réunir les points de vue d’artistes et théoriciens engagés eux-mêmes dans cette réflexion. Les comptes-rendus des conférences et tables rondes seront intégrés dans le catalogue
final du programme de recherche.